
Les Glanches soufflent les bougies
La semaine est terminée
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Sueurs Froides (Vertigo)
de Alfred Hitchcock (1958)
 Tout bien considéré, peu de films (Citizen Kane, 2001 ?) peuvent prétendre avoir atteint un tel statut et occuper une telle place de choix au sein du (très éventuel) Panthéon cinématographique. Pour célébrer à leur manière les dix ans du jeu, Les Glanches vous proposent collectivement donc ce film d' Alfred Hitchcock, d'une part parce que nous pensons tous que c'est un excellent film (même si ça vaut pas un bon DePalma, me souffle-t-on, mais un peu de patience, voyons...) et d'autre part parce qu'il incarne mieux que tout autre cette idée que nous défendons d'un cinéma populaire et exigeant, mêlant le cinéma "de genre" aux obsessions d'un "auteur" (lequel se devait de figurer dans cette semaine inaugurale), mais surtout qu'il transcende ces barrières trop souvent figées pour offrir un magnifique spectacle visuel, de suspense et d'émotion, à nul autre pareil. Ceux qui auront été mis sur une fausse piste par la séquence animée du cauchemar (question) se seront sans nul doute rattrapés sur la scène au musée (indice 1) ou le plan subjectif du vertige inaugural (indice 2). Et ceux qui ne l'auront pas trouvé devraient d'urgence aller réviser leurs classiques !
Glanches
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Pulsions (Dressed to Kill)
de Brian De Palma (1980)
 ‘Pulsions’ est une œuvre emblématique de la filmographie de Brian De Palma. C’est d’une part l’une de ses plus grandes réussites en tant que thriller, d’autre part d’un point de vue formel c’est l’un de ses aboutissements. Pulsions se présente comme une relecture de Psychose : un femme ordinaire, campée par une actrice connue, provoque une rupture dans sa routine quotidienne – quand Janet Leigh dévalisait son patron avant de s’enfuir, Angie Dickinson s’offre une aventure extra-conjugale, qui lui réservera une mauvaise surprise (indice 1). Dans les deux cas, elles sont victimes d’un tueur. L’enquête sera menée par leurs proches – dans le Hitchcock, sœur et fiancé, dans le De Palma, son fils, interprété par l’excellent Keith Gordon (Indice 2 – on reconnaît Dennis Franz à l’arrière-plan). Un canevas hitchcockien où De Palma trouve matière à exprimer ses obsessions et motifs visuels habituels : voyeurisme, meurtres en espace lot,… Mais c’est surtout l’occasion de nous offrir de nombreux numéros de bravoure, dont une poursuite dans le métro d’anthologie, et surtout une longue scène de drague muette dans un musée (Question) qui démontre, s’il en était encore besoin, que Brian De Palma est un réalisateur surdoué, parfaitement maître de la grammaire cinématographique. On peut éventuellement lui préférer ‘Blow Out’, tourné l’année suivante, mais si De Palma réalisera encore quelques chefs d’œuvre après 1981 dans d’autres genres, aucun de ses thrillers suivants n’atteindra ce niveau. Une œuvre maîtresse qui a profondément marqué toute une génération de cinéphiles, à revoir et décortiquer plan par plan.
Disponible en Z1 chez MGM dans une édition riche en suppléments – éviter absolument le Z2 coupé.
Swan
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Les 3 Mousquetaires (The Three Musketeers)
de George Sidney (1948)
Harry Hausen
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Flesh and Bone (Flesh and Bone)
de Steve Kloves (1993)
 Mystérieux Steve Kloves, scénariste à succès d'œuvres anecdotiques et cinéaste oublié de zéniths cinématographiques. En deux films, il a ridiculisé la carrière pléthorique de nombre de ses pairs. J'aurais aimé vous toucher deux mots des courbes alanguies d'une Michelle en fourreau rouge sur un piano cyniquement caressé par un Jeff au sommet de son art mais j'ai choisi d'attirer votre attention sur ce concentré d'humanité magnifique et misérable qu'est Flesh and Bone. Est-il possible de détruire un enfant (question) au point qu'il ne vive adulte qu'en dissimulant sa vraie nature comme il dissimule celle de ses poules pour quelque jeu d'argent (Indice 1) ? Le mal est en nous et nous aimons à le répandre ! J'en vois dans le fond qui n'ont pas encore commandé leur exemplaire du dvd. A ceux-là, il me reste l'argument ultime : Flesh and Bone est l'unique vrai bon film de la carrière de la rayonnante Meg Ryan (période pré boucherie chevaline) mais également de celle de mon Indice 2 ! Si c'est pas de l'argument de vendeur d'aspirateur en mal de placement, ça ! S'il vous plaît, M. Kloves, laissez tomber les tours de magie pré-pubères et revenez nous éclabousser de la votre !
Pasco Meisner
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Amours Chiennes (Amores Perros)
de Alejandro González Iñárritu (2000)
 Mexico. Amours, trahisons, haines. Les extrêmes de la vie, sous l'angle de trois histoires radicalement différentes, mais irrémédiablement liées par un terrible accident de voiture. A travers les parcours d'Octavio qui veut rassembler suffisamment d'argent en faisant combattre son chien pour fuir avec Susana (Question et Indice 2), sa belle-sœur, de Daniel et Valéria (Indice 1) dont le couple nouvellement établi va être tourmenté par cet accident, et d'El Chivo sdf tueur à gages qui est témoin de l'accident d'Octavio, s'étale devant nous une fuite en avant à la recherche de l'amour, d'illusions et de temps perdu.
Ce film est une expérience physique, il nous prend aux tripes, on en sort difficilement indemne, violent, intelligent, construit, Amours chiennes vous colle un uppercut direct au foie et ne vous laisse aucun répit. Le tout soutenu par une bande son sauvage (j'ai pris goût au rap mexicain de Control Machete).
Pour son premier film, Alejandro González Iñárritu fait preuve d'une étonnante maîtrise formelle et narrative. Après l'histoire nous montrera qu'il étirera jusqu'à l'absurde (Babel) ce procédé narratif, mais ne boudons pas notre plaisir.
On ressort de ce film avec matière à réflexion. Ce qui n'est pas souvent le cas de nos jours et mérite d'être signalé.
Rocka
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A Canterbury Tale (A Canterbury Tale)
de Michael Powell & Emeric Pressburger (1944)
 Vilain petit canard de la filmographie des inséparables Powell/Pressburger, A Canterbury Tale est un film étrange et mal fagoté, mais dont le charme indescriptible tient justement à sa patte folle, son air dégingandé et sa gueule cassée. Ce film, personne n'y a cru, et avant de mourir, Michael Powell lui-même n'y croyait toujours pas, balayant d'un revers de main un long-métrage qui lui semblait sinon raté, du moins insignifiant - la faute à un scénario façon "Club des Cinq" ténu et déroutant. Mais disons-le tout net : pour une fois, Powell avait tout faux... Son Canterbury Tale est une merveille, un film unique et une source inépuisable d'émerveillement en même temps qu'un magnifique portrait de femme (capture 3). Et malgré une scène de bataille symbolique, jouée par des enfants (capture 1), cette étonnante chronique d'une Angleterre en guerre vaut surtout pour son intellligence, sa singularité et pour ne rien gâcher, la beauté de la photographie tout en noirs charbonneux d'Erwin Hillier (capture 2), dont les débuts derrière la caméra ne manqueront pas de vous émerveiller.
Margo
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La femme des sables (Suna no onna)
de Hiroshi Teshigahara (1964)
 L'entomologiste Teshigahara se penche sur l'espèce la plus mystérieuse de la création. Il s'amuse, avec son complice Kôbô Abe, à enfermer un specimen tout ce qu'il y a de plus lambda, enthomologiste lui aussi (tiens, tiens...) dans un terrarium de sable et l'observe, l'ausculte, l'analyse. A l'instar des insectes (Question), l'enfermement le rend fou, il veut fuir. Normal me direz-vous. Certes. Mais fuir quoi ? Et pour aller où ? Car tout est là, à sa disposition, nourritures terrestres et érotiques (Indice 1), activité sisyphienne pour occuper son temps. Et pourtant rien n'y fait. Il n'aura de cesse de s'évader (Indice 2).
Entre éternel désir insatisfait d'ailleurs hypothétiques ou désespérante acceptation de l'inanité de nos existences, faut-il vraiment choisir ? Moi en tous cas, j'opte pour me contenter de la renversante beauté plastique de cette inoubliable étude. Elle seule viendra combler la vacuité de nos existences. M. Teshigahara, je vous aime.
Pasco Meisner
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L'ïle aux fleurs (Ilha das Flores)
de Jorge Furtado (1989)
 Devenir organisateur du frcd incite inévitablement à jeter un coup d'oeil rétrospectif sur sa propre cinéphilie, et peut inviter à essayer de faire un tour, forcément parcellaire et incomplet, de celle-ci. C'est cette volonté qui a guidé la plupart de mes choix, et qui me motive notamment à proposer ce court-métrage brésilien de la fin des années 80, primé au festival de Clermont-Ferrand (et dès lors visible sur le dvd consacré par l'excellente revue Repérages à l'histoire de ce festival). Adoptant le point de vue froid et distancié d'une entité extra-terrestre cherchant à expliquer le pourquoi du comment de l'humanité, le narrateur de ce film déroule avec une logique déconcertante le fil absurde de notre histoire, mêlant les aspects les plus terre-à-terre (l'être humain se définissant par son encéphale et son pouce préhenseur - indice 1) et des notions plus abstraites (argent, propriété...) qui se révèlent finalement indéfinissables. L'objectif de ces collages, autant intellectuels que visuels, qui donnent au film un sympathique air de bric et de broc (question), étant d'exhiber au final, avec une incroyable violence, l'absurdité des systèmes sociaux humains, pour dénoncer en particulier la siuation des habitants de la bien mal nommée île aux fleurs, transformée en décharge (indice 2). En à peine dix minutes, Jorge Furtado a transcendé son anecdotique point de départ pour livrer le plus déchirant des témoignages sur la folie des hommes, laissant son spectateur partagé entre un abattement tragique mais lucide face à la réalité du monde, et une révolte rageuse et salutaire pour avoir envie de le changer.
ed crane
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* Captures pas au format. Format IMDB 1.75
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Des monstres attaquent la ville (Them !)
de Gordon Douglas (1954)
Harry Hausen
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Ivan le Terrible (Ivan Groznyy I)
de Sergei M. Eisenstein (1944)
 Sélectionner des captures d'Ivan le Terrible pour le FRCD, c'est du pain béni : si Sergei Eisenstein reste aujourd'hui encore l'un des maîtres incontestés du montage au cinéma, on oublie parfois un peu vite, derrière la vivacité de son trait, un art consommé du cadrage qui éclate pourtant dans chaque image de son impeccable fresque. A tel point que la succession de plans, éblouissante, emporte tout sur son passage dans un souffle épique qui fait rapidement oublier le sous-texte propagandiste du film. Magnifiées par la musique de Prokofiev, les scènes de bataille (captures 1 et 2) n'ont ainsi rien à envier aux plus grosses productions de l'époque, et anticipent même (si, si) avec 60 ans d'avance la barbarie d'un Conan ou d'un 13° Guerrier. A redécouvrir absolument donc, en faisant bien attention (si l'on est détenteur du Zone 2 de Films sans Frontières) de choisir la piste son de Prokofiev et non celle, innommable, de Galeshka Moraviof, PDG de... Films sans Frontières.
Margo
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Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still)
de Robert Wise (1951)
 Je ne pouvais décemment pas démarrer ma première session FRCD en tant que co-organisateur sans vous proposer un film de Robert Wise. Et pas n'importe lequel ! Celui qui fut l'un de mes premiers chocs cinématographiques. Wise le bien nommé eut donc l'intelligence et la sagesse de se démarquer de ses contemporains versés dans la parabole anticommuniste, pour justement stigmatiser la paranoïa ambiante et défendre la cause de la tolérance et de l'ouverture à l'autre. La visite d'un extraterrestre amical interprété par Michael Rennie (Question) sur notre planète est l'occasion d'un déchaînement d'incompréhension et d'agressivité stupide de la part des humains, et donc celle pour le cinéaste de délivrer son message de paix et de mise en garde contre nos tentations guerrières, et sans sentimentalisme aucun. Parce que Robert Wise fut un réalisateur à la fois efficace et novateur en matière de technologie cinématographique, ainsi qu'un monteur de génie, Le Jour où la Terre s'arrêta se révèle un travail d'orfèvre. Et la contribution de la mystérieuse et charismatique Patricia Neal (Indice 2) ne fait qu'ajouter au charme de ce film essentiel sur un plan historique. Pour ceux qui suivent au fond, je n'oublierai certainement pas de mentionner la musique sublime, expérimentale et intemporelle de Bernard Herrmann (Indice 1) qui entoure de son aura étrange et puissante l'œuvre fondatrice de Robert Wise. Et comme disait notre célèbre ami Gort le robot : Klaatu verata niktu !
Roy Neary
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Suspiria (Suspiria)
de Dario Argento (1977)
 En présentant ‘Suspiria’ au public du défunt Festival du Grand Rex, Daria Argento affirma que son ambition n’était pas de susciter la peur, mais bien de créer la panique chez le spectateur. Mission accomplie : tout dans cet film est mis en œuvre pour mettre les nerfs à l’épreuve, depuis les bruitages quasi permanents et la musique de Goblin, jouée en direct sur le plateau, jusqu’au éclairages violents et baroques (indices 1 et 2). ‘Suspiria’ se situe dans la continuité de la filmographie de Dario Argento, de même qu’il marque une rupture : le giallo fait place au fantastique pur et dur – ‘Quatre Mouches de velours gris’ et ‘Les Frissons de l’angoisse’ comportaient déjà des traces d’onirisme -, et le scénario tend à devenir un prétexte – cette démarche aboutira à ‘Inferno’. Une jeune américaine (Jessica Harper, indice 2) débarque à Fribourg (question) afin d’étudier dans une prestigieuse académie de danse. Elle s’aperçoit bien vite que s’accumulent les phénomènes étranges et les disparitions violentes ; comme dans tous les giallo, il s’agit pour l’enquêteur amateur d’élucider un mystère en réinterprétant une image, des sons mal perçus. Mais l’essentiel de ‘Suspiria’ est ailleurs : Argento peint à même la pellicule une œuvre d’art faite de couleurs et de bruits, n’obéissant qu’à sa propre logique, un cauchemar filmé à la splendeur visuelle encore inégalée.
Disponible en Z1 chez Blue Underground sans sous-titres ; en Z2, attendre l'édition collector prévue en novembre chez Wild Side.
Swan
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Les disparus de Saint-Agil (Les disparus de Saint-Agil)
de Christian-Jaque (1938)
 Un de mes premiers souvenirs de spectateur, réactivé il y a peu de manière inattendue par une nouvelle vision, ce film de Christian-Jaque ne fait pas véritablement partie de mes films préférés, mais il occupe une place à part, entre la madeleine et le pot de confiture, entre la peur enfantine éprouvée face à la figure ogresque (mais finalement tendre) du professeur étranger (Erich Von Strohein, question) et le frisson de l'aventure type "club des 5" des chiche-capons (indice 2), aventure que l'adulte que je suis devenu trouve au final bien anodine...
Malgré tout, par la spontanéité des dialogues et des jeunes interprètes, par le charme un peu désuet de cette école de garçons des années 30, et par la truculence (au bord du cabotinage) de Michel Simon ou de Robert Le Vigan (indice 1), le film n'a pas trahi chez l'adulte la sympathie que la mémoire de l'enfant éprouvait à son égard, et c'est au final là le plus important.
ed crane
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Lawrence d'Arabie (Lawrence of Arabia)
de David Lean (1962)
 Peut-on résumer David Lean à un vulgaire cinéaste ferroviaire ? Hop hop hop ! On pose les allumettes, chalumeaux et autres torches vengeresses, point n'est besoin de me brûler en place publique pour avoir osé proférer une telle assertion. Je plaisante. Et pourtant… Quand je pense Lean, je pense trains, c'est ainsi. Du cœur de Londres à celui des Indes (oui, même Roy Neary est d'accord, c'est dire si j'ai raison), du désert arabe (Question) aux forêts asiatiques en passant par les steppes enneigées et les cités lacustres, partout filent les trains, symboles du mouvement, sens étymologique de ce qui nous réunit tous ici. Alors bien sûr je pourrais vous bassiner avec la qualité de ses scénarios (ici oeuvre épique et émouvante de Robert Bolt et Michael Wilson) qui jamais ne cèdent à la facilité, la beauté des compositions visuelles (indice 1 et 2), la qualité des raccords mais... Ah ben non tiens, il n'y a pas de mais ! Je le fais ! Car il faut se rendre à l'évidence, David Lean, c'est la quintessence du cinéma.
Et cette quintessence fait cruellement défaut en ces temps de panne sèche où les idées se raréfient plus vite que les énergies fossiles. Et le Pasco de s'abimer la voix à psalmodier face au vacarme assourdissant des ineptes productions actuelles : "Revenez, M. Lean, revenez !". (A ceux qui ne le connaitraient pas encore, je précise que le Pasco est un vieux con !)
Pasco Meisner
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Mad Max (Mad Max)
de George Miller (1979)
 L'histoire du cinéma est riche, complexe, dense mais quel que soit le bout par lequel on la prend, il y a un avant et un après Mad Max. Quel choc ! Ce film mythique pour toute une génération marque un profonde révolution dans deux des branches les plus courues du cinéma, le revenge movie et le film de bagnoles car rares sont les films à le renouveler autant. Le film aura également permis de découvrir Mel Gibson, qui en plus de devenir un trés grand acteur, sera un des meilleurs réalisateurs de ce début de siècle.
Jamais avant et plus jamais ensuite les voitures n'auront été filmées avec autant de style, de passion, de personnification. A part peut-être The Road Warrior, mais ceci mériterait un autre chapitre. Avec mon pseudo, vous disposiez d'un quatrième indice pour trouver ce film. Enfin, je dis un peu ça pour me faire pardonner d'avoir proposé une image qui en a envoyé plus d'un dans le mur.
Malgré cela, des équipes ont trouvé le film dès la question preuve, s'il en était besoin, de sa notoriété. En indice 1, on peut voir un des rares moments de tranquillité du film, avec la femme et le chien de Max prenant le soleil avant la tempête. Pour finir en indice 2 , l'un des moments de bravoure du film, la poursuite d'ouverture du film que j'ai du visionner des dizaines de fois.
Rocka
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Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley)
de John Ford (1941)
 Parce qu'une session en partie "classikienne" ne saurait exister sans la présence de John Ford, voici donc l'une des plus grandes œuvres du maître. Récit initiatique, film social, évocation nostalgique de l'Irlande, portraits croisés de personnages pittoresques, ode au petit peuple, mélodrame, How Green Was My Valley est tout cela et bien d'autres choses encore. Du scénario magnifiquement dialogué de Philip Dunne à la musique d'Alfred Newman, en passant par la beauté de la photographie d'Arthur C. Miller et jusqu'à, bien entendu, la mise en scène aux accents lyrique et reconnaissable entre mille (Question) d'un John Ford au sommet de son art, voilà un film d'une grande noblesse d'âme, qui bouleverse les cœurs en nous faisant partager le quotidien d'une famille de mineurs dans un village entièrement peuplé de forçats des mines de charbon (Indice 1). De cette famille typiquement fordienne, surgit un jeune garçon malingre et rêveur, joué par un Roddy McDowall âgé de 12 ans, destiné à s'émanciper sur un plan intellectuel et social, mais sans jamais renier ses origines prolétaires. C'est à travers son regard naïf, tourné vers une époque révolue, mais au charme magique et intemporel (Indice 2), que la chaleur et l'optimisme de John Ford brillent de ses derniers feux avant que son cinéma ne prenne un détour bien plus sombre, grave et mélancolique. Nombreux sont les cinéphiles qui se plaignent de l'absence d'Oscars du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur en 1941 pour Orson Welles ? Cela peut aisément se comprendre, mais voyez donc qui concourrait en face !!
Roy Neary
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Vera Cruz (Vera Cruz)
de Robert Aldrich (1954)
 Pour Robert Aldrich qui vient de réaliser un chef d'oeuvre (Bronco Apache), le tournage de Vera Cruz accumule les risques et les tares.
Il réalise le film dans une décontraction simulant le grand n'importe quoi puisque le scénario était écrit au fur et à mesure du tournage. Les plans larges s'enchaînent furieusement avec des gros plans. Les personnages principaux du film sont tous des raclures, y compris le grand Gary Cooper. Burt Lancaster supporte de moins en moins qu'on le dirige et il tente de prendre les rênes de la réalisation dès qu'Aldrich a le dos tourné ! Avec tout ça, le film aurait dû être une purge signée du pseudo Alan Smithee digne de figurer dans la dvdthèque de Harry Hausen, et bien non. Tout s'enchaîne à merveille, le film est ultra jouissif. Il précède même le cinéma d'un certain Sergio Leone (qui lui-même préfigurait tout un pan du cinéma italien, mais bon, ça c'est une autre histoire). Avec ses personnages principaux totalement immoraux, le formidable Burt Lancaster (qui est le plus fourbe de tous) arrivant même à voler la vedette à Coop'. Avec ses gros plans, son scénario écrit au dernier moment, ses superbes décors naturels (indice 1), ses excellents choix d'acteurs pour jouer les seconds rôles (indice 2)... Oui, oui, je pense vraiment que Leone ne serait rien devenu sans (son génie et) ce film du grand Bob Aldrich !
L'étranger
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Urga (Urga)
de Nikita Mikhalkov (1991)
 Avant de devenir un réalisateur pompier avec beaucoup de moyens et peu d'idées, Nikita Mikhalkov avait réalisé un certain nombre de jolis films, dont celui-ci, atypique et bouleversant qui, sous des (vrais) airs de film contemplatif, s'avère un étonnant film de ruptures, à la fois calme et violent, tendre et dur, drôle et triste, réjouissant et désespéré...
Alors que la première heure s'attache à décrire avec authenticité et précision le quotidien d'une famille d'éleveurs mongols vivant dans la simplicité et le dénuement (dont ces enfants espiègles, sur l'indice 2), dans un échange permanent avec la nature, offrant à la majestueuse steppe la place centrale de cette histoire (les plans durent souvent longtemps une fois les personnages sortis du champ pour capter le mouvement du vent ou les rayons du soleil), l'irruption d'un chauffeur russe et le départ pour la "ville" voisine font office pour l'éleveur Gombo de bouleversement insidieux, en lui révélant et lui faisant désirer tous ces biens "nécessaires" (casquette, argent, télé, etc...) sans lesquels il vivait pourtant mieux. Le réalisme de la première partie laisse alors place à une mélancolie désabusée, à une poésie déjà nostalgique d'un présent qui vit ses derniers instants. Le retour au bercail se fera sous la marque d'un onirisme violent et inspiré (indice 1) pourtant non dénué d'humour, qui démontre l'avalement de ces vestiges de pureté dans la société moderne.
Lumineux et enchanteur dans sa forme, sombre et tragique dans son fond, ce film magique, par ce continuel jeu de ruptures et l'esprit de liberté qu'il inspire, atteint une grâce quasi-miraculeuse, sa fantaisie triste lui permettant d'imposer sa place dans le cadre fermé de ces beaux films qu'on n'oublie pas... et qui, au travers de la voix gorgée d'émotion de ce chanteur russe (question) nous hantent à jamais.
ed crane
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La chose d'un autre monde (The Thing from Another World)
de Christian Nyby & Howard Hawks (1951)
Harry Hausen
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Terminator 2 - le jugement dernier (Terminator 2 : Judgment Day)
de James Cameron (1991)
 James Cameron a réalisé assez peu de films à ce jour, et l’intervalle entre chacune de ses œuvres à tendance à s’agrandir : son dernier long-métrage remonte à déjà dix ans. Suivrait-il la voie de Stanley Kubrick, l’un de ses maîtres ? A la limite, peu importe, car le résultat est bien souvent à la hauteur de l’attente. Cameron se distingue de la masse des faiseurs de blockbusters par de nombreuses qualités, entre autres un sens du montage et de la narration qui échappe à ses nombreux ‘successeurs’. Mais surtout, il s’inscrit dans la lignée des grands pionniers du cinéma en nous donnant à voir ce que l’on n’avait jamais vu auparavant. Même les spectateurs les plus blasés par les déferlantes d’effets spéciaux sont encore bouche bée devant une séquence telle que celle dont sont tirées les trois indices : la lente sortie du T-1000, dissimulé dans le sol du couloir, reste l’une des images marquantes du cinéma contemporain. Enfin, Cameron est un réalisateur de films d’action qui n’oublie ni ses personnages ni son scénario en cours de route ; c’est un véritable auteur, au style reconnaissable, aux thématiques récurrentes, entre autres la fascination pour les machineries complexes et leur dérèglement, autre point commun avec un certain… Stanley Kubrick.
Prenez votre temps sur votre nouveau projet, M. Cameron, mais revenez-nous vite, ici certains commencent à vous comparer à Michael Bay…
Disponible en Z2 - et en HD-DVD - chez Studio Canal.
Swan
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La Route des Indes (A Passage to India)
de David Lean (1984)
 14 ans d'écart entre La Fille de Ryan et A Passage to India, c'est beaucoup. C'est trop. Mais il en fut ainsi pour peut-être le plus incompris dans grands cinéastes de l'histoire du cinéma. 14 ans d'hibernation pour un artiste, certes autoritaire, mais surtout intègre et fidèle à son art et à sa vision de l'existence. Avec La Route des Indes, David Lean signe sans le vouloir son testament et l'on ne peut finalement souhaiter meilleur chant du cygne que ce film beau et digne, emprunt d'une profonde émotion transparaissant autant dans sa retenue toute britannique quand dans le flamboyance et la puissance évocatrice de ses images (Indice 1). Adapté d'un roman de E.M. Forster, le film conte l'épisode d'une jeune anglaise - extraordinaire Judy Davis ! - amatrice de grands espaces et de vertiges (la Question avec le point de vue d'Adela observant une maquette de paquebot dans une vitrine londonienne), allant en Inde retrouver son fiancé. Son voyage sera l'élément déclencheur d'une crise profonde opposant les deux cultures, révélatrice des discriminations dues à la colonisation. Comme à son habitude, Lean confronte puis associe épopée intime et fresque historique, créant des passerelles entre les deux grâce à l'élégance et au lustre de sa mise en scène, à la sensualité de ses plans, au parallélisme entre mouvement cinématographique et mouvement de l'histoire, et à la célèbre ingéniosité de son montage. En visitant le pays (Indice 2) en quête d'élévation charnelle et spirituelle, le personnage principal se heurte à la dure réalité et incarne le romantisme désenchanté mais ô combien bouleversant propre au cinéma du réalisateur. Sur un canevas proche (et une même source littéraire), le couple Merchant-Ivory a produit de beaux films quand David Lean, lui, tutoyait les étoiles avant de les rejoindre.
Roy Neary
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Le Trou (Le Trou)
de Jacques Becker (1960)
 Allez hop tout le monde, on remballe ses posters de Wentwoth Miller et/ou de Sarah Wayne Callies... Prison Break, c'est bien gentil, mais il n'y a décidément pas photo : cela fait déjà un demi-siècle que Jacques Becker (à la caméra) et José Giovanni (au script) ont signé LE chef-d'oeuvre indépassable d'un genre pourtant fécond. Modèle de huis-clos pénitentiaire et de film d'évasion, Le Trou emprunte le meilleur du cinéma d'action américain, avec en plus cette inimitable touche de réalisme à la française, façon Becker père. Le scénario, inspiré de la vie de Giovanni est encore plus solide que les murs de La Santé, et décrit avec minutie l'élaboration d'une cavale au travers de scènes époustouflantes qui sont, depuis, autant de passages obligés du cinéma carcéral : les petits larcins indispensables à l'évasion (captures 1 et 2), l'ennui de la cellule, les rebondissemments trépidants, et la peur de se faire prendre (capture 3). La mise en scène, minutieuse, alterne temps forts et suspension en vol, comme dans une magnifique scène de sous-terrains, climax d'un des plus grands films français qui soit.
Margo
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Police Fédérale Los Angeles (To Live and Die in L.A.)
de William Friedkin (1985)
 Revu l'an dernier lors d'une rétro Friedkin à la Cinémathèque française, Police Fédérale Los Angeles n'a pas pris une ride. Pour vous dire, même le très "moroderien" score de Wang Chung, idôlatré par les plus pervers des Glanches, n'arrive pas à entamer la puissance du film... Film étalon du cinéma d'action américain eighties, ce polar violent évite tous les pièges d'un Miami Vice du pauvre grâce à une mise en scène inspirée. Des gunfights (capture 1) aux acteurs (parmi lesquels John Pankow en capture 2, Willem Dafoe en capture 3) en passant par une stupéfiante poursuite dans les rues de Los Angeles, le film est l'occasion pour William Friedkin de donner le meilleur de lui même - cette inimitable science du cadre, ce sens inné du montage, et cette efficacité racée dont sauront s'inspirer Michael Mann et John McTiernan.
Margo
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Lolita (Lolita)
de Stanley Kubrick (1962)
Rocka
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Vampires (Vampires)
de John Carpenter (1998)
 Qu'il semble loin le temps où Carpenter nous pondait encore de grands films (putain 10 ans!!!), force est de constater qu'il n'a pas brillé dernièrement, mais une session Glanchesque sans Carpenter m'aurais semblé hors de propos. Alors quel meilleur choix que son dernier chef d'oeuvre, Vampires. Ce film réussit le pari Ô combien audacieux, de conjuguer avec brio le film de vampires et le western, réparant à moitié le regret de ne jamais avoir vu Carpenter en réaliser un. Porté par un James Woods au sommet de sa forme, poursuivant les vampires jusque dans leurs repaires les plus profonds (Question), Vampires allie le brio de la mise en scène, au fun de son scénario. Carpenter n'hésite pas à faire subir les pires outrages à ses héros (Indice 1), on pourra juste regretter qu'il n'aie pas continué sur sa lancée avec Sheryl Lee (Indice 2). Vampires, où le film que Rodriguez reverait de faire, mais ne pourra jamais.
Rocka
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L'Année du dragon (Year of the Dragon)
de Michael Cimino (1985)
 Une session sans Michael Cimino m'aurait sèchement pulvérisé le fondement. Ouf ! Des contreforts ensoleillés d'Extrême Orient chers à White Powder Ma (question, ma difficile de la semaine, j'en conviens) aux rues noires de New York repère de Stanley White (Indice 2), symbolique homonymie de pseudonymes librement choisis, bons et méchants se confondent autant qu'ils se confrontent. Les héros ne sont pas toujours ceux que l'on croit. D'ailleurs y en a-t-il vraiment ? Même les âmes pures se tournent vers de terrestres desseins (indice 1). Tout autant que ces Himalayas de ma cinéphilie que sont The Deer Hunter et Heaven's Gate, cette Année du Dragon recèle une globale noirceur de l'âme, cruellement tricotée ici par Oliver Stone et Robert Daley, propice à mon idolâtrie. Ou est-ce plus viscéralement la vision enchanteresse d'Ariane, diaphane comète trop vite disparue vers d'autres orbites (si si, c'est fait exprès !) ? Je ne saurais le dire… (Maggi Maggi et vos idées ont du génie entonnent aussitôt les plus vieux). S'il est aujourd'hui de bon ton de vous railler, M. Cimino, sachez que je ne serais jamais de ceux-là et que je défendrais jusqu'à la mort vos films face aux béotiens toujours plus nombreux qui vous méprisent. Oui, même votre remake !
Pasco Meisner
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Le nouveau monde (The New World)
de Terrence Malick (2005)
 A la question maritimo-serpentine quel film emporteriez-vous sur une île déserte, il me plaît à répondre invariablement Glitter, histoire de me repaître de la trombine ahurie de mes interlocuteurs. Puis, bonne âme, bonne poire devrais-je dire, je rectifie : The New World, leur faciès restant généralement des plus surprenants. Terrence Malick a-t-il réalisé le film que j'attendais depuis toujours ? Je le crois volontiers. En attendant Tree of Life. Dans ce Nouveau Monde là, tout n'est que beauté, luxe calme et volupté, l'aboutissement d'un sillon entamé 32 ans auparavant et inlassablement creusé. Alors à l'instar du poète je t'invite au voyage qui te conduira sur les chemins escarpés de la question originelle: l'Homme mérite-t-il d'avoir été chassé du Paradis ? Non seulement il le mérite mais il le désire. La civilisation détruit tout, elle comprise. C'est inéluctable. L'Humanité va à sa perte. Vive l'Humanité ! Terrence Malick et Snake Plissken même combat ! Comprenne qui pourra !
Pasco Meisner
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Miller's Crossing (Miller's Crossing)
de Joel & Ethan Coen (1990)
 Dans la ronde des superlatifs qui consiste à parler des films que l'on aime, il est difficile de gravir un échelon supplémentaire dans l'enthousiasme sans paraître excessif. Dire que ce film est visuellement superbe (l'indice 2 - cadeau - m'accompagne sur les murs de tous mes appartements depuis dix ans), que son scénario est d’une richesse stupéfiante, que l’interprétation y est époustouflante, que l’humour y est particulièrement percutant, que la musique est sublime, que son ton désabusé et cynique fait constamment mouche, et cætera (ad libitum)… pourrait ainsi apparaître comme une liste de redondances stéréotypées quand bien même la plupart de ces remarques auraient rarement été à ce point à propos.
Ces quelques mots, dès lors tout à fait dérisoires, n’ont alors qu’une vertu indicative sur des avis strictement personnels, et ne pourront concerner que ceux qui rejoignent et/ou sont intéressés par mes goûts, mes préférences esthétiques, narratifs, humoristiques etc.… A ceux-là, je me dois donc d’être honnête, et, plongeant en intégralité dans la mauvaise foi originelle du critique qui assène ses vérités avec un imperturbable sérieux, je m’empresse de donner mon point de vue sur le film en question (Miller’s crossing, des frères Coen, pour ceux qui sont perdus) laquelle critique, pour une fois, ne tiendra qu’en quelques mots : le plus beau film du monde.
(PS : ex-aequo avec un petit frère noir et blanc, de dix ans son cadet)
ed crane
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La Chair et le sang (Flesh + Blood)
de Paul Verhoeven (1985)
 Paul Verhoeven est l'un des plus grands réalisateurs européens en activité. Si, si ! Et son dernier film, Black Book, controversé, honni, vilipendé par une partie de la critique, le prouve encore avec intelligence et fracas. Après avoir signé des œuvres aussi belles et passionnées que provocatrices dans sa Hollande natale, comme Turkish Delight, Soldier of Orange et Le 4ème homme, celui qu'on surnommera bientôt le "Hollandais violent" réalise une épopée barbare qui marquera les années 1980 par son réalisme, sa justesse et sa brutalité, avant d'émigrer aux Etats-Unis où il déversera avec délectation son humour carnassier et son esprit subversif avec des incontournables comme Robocop ou Starship Troopers. Porté par la musique puissante et enflammée du fidèle et tant regretté Basil Poledouris (Indice 1), Flesh + Blood est une fresque à cent lieues du lyrisme hollywoodien, qui propose sans détours une vision de la sauvagerie (tel le pendu de la Question) et de la cruauté psychologique d'une époque, l'Europe médiévale, souvent grâce à des tableaux d'une impressionnante beauté formelle, sans oublier de traiter avec un cynisme jouissif de l'évolution historique de la politique, de la religion et des mœurs. A ce titre, la scène de sexe endiablé mettant en scène Rutger Hauer et Jennifer Jason Leigh (Indice 2) fait partie des souvenirs les plus "croustillants" d'une génération de cinéphiles qui ne cessera jamais d'affirmer que les années 80 n'étaient pas si décevantes qu'on veut bien le dire. Non mais !
Roy Neary
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La Vallée de Gwangi (The Valley of Gwangi)
de Jim O'Connolly (1969)
Harry Hausen
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